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Que vous nous parliez de l'attente, de la rencontre, de votre bonheur ou de vos difficultés de parents adoptifs, des mots d'enfants… Cette page est la vôtre, il vous suffit pour cela d'envoyer votre texte (vous pouvez y joindre une photo pour illustrer votre témoignage) à webmaster@adoption-internationale.fr

LILA

Nous sommes une famille, composée - jusqu'à peu - d'un papa, chef de service éducatif en service judiciaire, âgé de 40 ans; d'une maman, 41 ans, directrice d'un centre de formation en travail social et psychologue; et de deux garçons, Jeremy, 15 ans en 1ère S, et Théo, 12 ans en 5ème.

Nous souhaitions agrandir notre famille et espérions une petite fille.

Mon corps, très malmené par différentes maladies, n'aurait jamais dû concevoir d'enfant, nos deux fils biologiques ont été deux bébés miracle que la médecine n'a jamais compris. Nous savions que pour le dernier enfant il y aurait une autre forme de miracle, une autre aventure, celle de l'adoption.

Après un agrément bien long à obtenir (15 mois, par manque de personnel psychologique et donc des rendez-vous très espacés) pour un enfant de 0 à 4 ans, notre attente a duré 2 ans et demi.

Durant cette période nous avons traversé des épreuves : décès du père de mon mari; présentation en France de deux fillettes acceptées par nous, mais nous n'avons finalement pas été choisis par les conseils de famille. Et un jour, alors que nous ne sommes pas croyants, ni ne pensons qu'il existe un destin, mon mari rêve avec des images très précises de l'arrivée d'une petite fille africaine, alors que nous nous dirigions vers la Chine et la Colombie.

Nous décidons de suivre la piste Afrique, alors que notre réseau - l'Agence Française de l'Adoption, l'association Enfance et Familles d'Adoption - nous le déconseille, mais nous avons le sentiment qu'il faut y croire.

Nos recherches nous conduisent à la Côte d'Ivoire. Nous adressons un dossier, sachant qu'entre temps notre projet a mûri : dans la mesure de nos métiers, de notre chance d'avoir des enfants, de notre âge... pourquoi ne pas réfléchir à un petit bout un peu particulier ?

Nous nous engageons auprès d'un éventuel enfant porteur de maladie ou handicap non mental, sans engager de pronostic de vie, dont le trouble peut être soigné ou opéré.

Notre dossier part le 7 octobre 2008 à la protection sociale du ministère de la femme, de la famille et des affaires sociales d'Abidjan, par courrier recommandé, lequel nous revient deux mois après car non réclamé.
Le dossier part et revient à 5 reprises durant 1 année, pour les mêmes motifs, jusqu'au moment où nous nous saisissons de ce problème et demandons de l'aide au SAI (Service d'Adoption Internationale du ministère français des Affaires Etrangères), au bureau Afrique.

Nous recontrons là nos premiers anges, sans qui rien n'aurait pu arriver ! Elles nous aident, en établissant un contact avec la directrice de la protection sociale d'Abidjan, en nous accordant d'adresser le dossier par email, ce qui est exceptionnel.

Notre dossier est enfin reçu en décembre 2009.

Il passe en commision en mars 2010, et là le miracle attendu arrive, sous la forme d'un SMS laconique de la protection sociale: "Seriez-vous prêts à accepter un bébé (jolie petite fille de 10 mois) mais souffrant d'hépatite B et ayant perdu un œil ?"

Nous avions 5 jours pour nous décider, sans obligation d'avocat sur place, sans aucune connaissance locale, sans bilan de santé présentable.

Nous courons les listes d'avocats et décidons d'en référer au bureau Afrique qui nous recommande un avocat français bien implanté en Côte d'Ivoire, bien placé auprès des pouponnières et sérieux.

Nous rencontrons nos deux anges - un cabinet très performant, très accueillant - qui amènent le bébé en suivi médical. Nous avons des informations parcellaires et comprenons que les analyses faites sont sans doute assez imprécises, et qu'il faut nous réferer à notre instinct. Nous décidons d'accepter ce bébé et entreprenons un premier voyage afin que nos enfants connaissent le pays d'origine de leur sœur, et qu'elle fasse connaissance avec nous sans arrachement brutal au moment du départ en France.

La première rencontre est éprouvante pour tous : pleurs du bébé qui ne veut pas quitter la nourrice qui s'est occupée d'elle depuis ses 4 mois, quand elle a été amenée en état de malnutrition important, avec engagement de pronostic vital.

La séparation, après deux semaines intenses avec Lila, notre amour de bébé, quand nous la ramenons à l'orphelinat, est tout aussi déchirante. Elle fait partie de nous et s'est attachée à nous, on se demande avec angoisse comment elle vivra ce qu'elle peut considérer comme un deuxième abandon, et si elle pourra nous refaire confiance lors de notre retour. On lui explique qu'on reviendra la chercher, mais que comprend précisément un bébé de 13 mois ?

Le deuxième voyage se fait en couple. Les enfants ont repris le collège et le lycée.

La petite nous reconnaît immédiatement et commence sa vie avec nous, comme si elle sortait de nous de manière naturelle; un grand pas en avant ! Elle ne va plus dans les bras des femmes africaines mais nous désigne comme ses parents à une serveuse de restaurant (africaine !) : "ça mon papa, ça ma maman !"

Elle s'est laissée adopter et nous a adoptés, la relation se construit, mademoiselle fait des caprices que nous trouvons (pour une fois) extraordinaires !

Nous faisons une fantastique rencontre, la veille de notre retour en France : nous rencontrons le directeur du centre social qui a retiré à la mère naturelle - maltraitante - la petite, alors qu'en stade 2 de malnutrition elle pesait 2 kg à 4 mois ! Il nous relate, par écrit et en entretien, des éléments très importants des premiers mois de la vie de la petite, ses nom et prénom d'origine et nous apprend le décès de sa maman une semaine après notre arrivée en Afrique !!!

Coïncidences ? Symboles ? Tout cela est très marquant pour nous et nous fait dire qu'il n'y a pas eu de hasard et que Lila et nous étions fait pour nous rencontrer.

Nous rentrons en France avec elle deux semaines après, elle se comporte, dans l'avion, à la maison, avec la famille, comme si elle avait vécu ça toute sa vie. Sa capacité d'adaptation nous saisit.

Son œil sera réparé (esthétiquement, pas visuellement) le 16 novembre et son état général est excellent. Elle est porteuse asymptomatique du virus hépatique B, mais la doctoresse nous dit qu'elle pourra sans doute guérir.

Une nouvelle aventure commence, une famille complète !
Voici 3 jours qu'elle est parmi nous, c'est comme une évidence, comme si elle avait toujours été là !

Katrin (juin 2011)

Un témoignage absolument magnifique !

RETOUR EN ETHIOPIE

Victimes de la guerre et de la famine, ils ont été adoptés il y a 15 ans par des familles françaises. 17 jeunes ont osé ensemble ce premier retour en Ethiopie, leur pays d'origine. Ils nous font partager les étapes joyeuses et douloureuses de cette aventure essentielle.

Organisé par l'OAA qui a permis leur adoption (Les Enfants de Reine de Miséricorde), ce voyage est donc celui de 17 jeunes qui ont choisi de faire le grand saut dans l'inconnu de leur origine et vont vivre des moments très intenses. Le film aborde les thèmes de l'adoption, de l'origine et de l'identité avec une véritable sincérité.
Il apporte également un éclairage aux questions que se posent beaucoup de parents adoptifs : quels sont les sentiments de nos enfants vis-à-vis de leur pays de naissance, de leur famille biologique ?
Ce film nous offre des rencontres belles, émouvantes, vécues au travers du regard des enfants devenus grands, des images magnifique de l'Ethiopie, une musique qui nous porte.
Une œuvre généreuse à voir et à revoir !

visuel du film Retour en Ethiopie
RETOUR EN ETHIOPIE

Comment se procurer le film ?
Il est en vente sur le site http://laboutique.jeparraine.com/fr/
Au prix de 20 € + 5 € de frais de port.
Un film documentaire de Bernard Simon 2009 - 60 min + 80 min de bonus
(Ne ratez pas les bonus, ils sont aussi forts que le film !)

photo de sacha

Au détour d'une conversation, Sacha 4 ans 1/2 (adoptée en Chine, arrivée à 17 mois) me dit :
- "Je voudrais une autre maman !"
Je m'étais préparée à ce genre de phrase, mais quand elle arrive ça vous prend de cours.
Je reste calme, aussi détachée que possible, et mentalement je me prépare à parler de sa mère biologique… donc je lui demande innocemment :
- "Ah bon ? Et quelle maman voudrais-tu ?"
- "Une maman qui veut bien donner du coca !"
Ouf ! fausse alerte (mais je sais bien que ça n'est que partie remise).

MOT D'ENFANT:
Quand j'ai montré la photo (d'attribution) de ma future fille à mon neveu de 6 ans, il a bien regardé ce petit visage aux yeux très bridés et m'a demandé : "Tu crois qu'elle peut nous voir en entier ?"…
Anne.